Comment un hors-bord tient et pousse le bateau
Un hors-bord est serré ou boulonné sur le tableau arrière grâce à un support appelé chaise. Cette chaise lui permet de pivoter pour diriger, et de s'incliner : le trim règle l'angle en navigation, le tilt relève le moteur hors de l'eau. L'hélice, elle, pousse l'eau vers l'arrière pour faire avancer le bateau.
Un moteur de 25 kilos qui pousse un bateau de plusieurs centaines de kilos, accroché par deux vis : il y a de quoi se poser des questions. Voyons comment tout ça tient, bouge et pousse, en partant de ce que tu vois quand tu es à côté du moteur.
La fixation : comment le moteur s'accroche au tableau arrière
Le moteur ne touche pas directement le bateau. Il est monté sur un support articulé qu'on appelle la chaise. Elle se compose de deux parties :
- Le support de serrage (on dit aussi « presse » ou « étrier ») : c'est la pièce en forme de U inversé qui vient coiffer le tableau arrière. Elle ne bouge pas, une fois serrée.
- Le support pivotant : il est articulé sur le support de serrage. C'est lui qui permet au moteur de tourner à droite et à gauche pour diriger, et de s'incliner vers le haut.
Sur les petits moteurs, le support de serrage est bloqué par deux grosses vis de serrage à poignée, comme un serre-joint de bricolage. Au-delà d'une vingtaine de chevaux, le moteur est en général boulonné à travers le tableau arrière, car les efforts deviennent trop importants.
Réflexe sécurité. Les vis de serrage se desserrent avec les vibrations. Vérifie-les avant chaque sortie, et attache le moteur au bateau avec un bout ou un câble : un hors-bord qui glisse du tableau arrière coule, et il ne remonte jamais tout seul.
La hauteur d'arbre : à la bonne profondeur
Le moteur doit plonger juste assez. Le repère, c'est la plaque anti-cavitation, la plaque horizontale située au-dessus de l'hélice. Moteur droit, elle doit se trouver à peu près au niveau du fond de la coque, ou légèrement en dessous.
- Trop haut : l'hélice aspire de l'air depuis la surface, patine et le moteur s'emballe.
- Trop bas : le fût freine le bateau comme une ancre flottante, projette des gerbes d'eau et consomme plus.
C'est pour ça que les moteurs existent en plusieurs longueurs : arbre court (environ 38 cm), long (environ 51 cm) et extra-long (environ 64 cm). On mesure la hauteur du tableau arrière et on choisit la longueur qui correspond.
Le trim et le tilt : l'art de l'inclinaison
Ces deux mots anglais font peur, mais ils décrivent un geste simple : incliner le moteur plus ou moins vers l'arrière.
Le tilt : relever le moteur
Le tilt (« basculer ») consiste à relever le moteur presque à l'horizontale, pour sortir l'embase de l'eau. Tu t'en sers pour échouer sur une plage, passer sur un haut-fond, remorquer le bateau ou protéger l'embase au mouillage. Sur un petit moteur, tu le fais à la main : tu déverrouilles un levier et tu bascules le moteur jusqu'à ce qu'il se bloque en position haute.
Le trim : régler l'angle en navigation
Le trim (« assiette ») est un réglage fin de quelques degrés, moteur dans l'eau. Il modifie la direction dans laquelle l'hélice pousse, et donc la façon dont le bateau se tient sur l'eau.
Imagine que tu pousses une brouette. Si tes bras poussent vers le bas, la roue s'enfonce. S'ils poussent vers le haut, la brouette se soulève. Le trim, c'est pareil :
- Moteur rentré (embase vers le bateau, « trim in ») : l'hélice pousse légèrement vers le haut à l'arrière, ce qui fait plonger l'avant. Idéal pour démarrer et « déjauger », c'est-à-dire passer au-dessus de l'eau au lieu de la labourer.
- Moteur sorti (embase écartée, « trim out ») : l'avant se relève, le bateau touche moins l'eau et gagne en vitesse sur mer plate.
Trop sorti, le bateau se met à rebondir de l'avant : c'est le marsouinage. Il suffit de rentrer un peu le trim pour le calmer.
Sur les petits moteurs, le trim se règle à terre, moteur arrêté, en changeant de trou une tige de réglage (une broche métallique) sur le support. Sur les moteurs plus puissants, un power trim électrique et hydraulique fait tout ça du bout du doigt, en navigation.
Le bon réglage de départ. Moteur en marche, bateau à vitesse de croisière, le fût doit être à peu près vertical. Ajuste ensuite d'un cran et observe : la vitesse monte, la barre devient plus légère ? Tu es dans le bon sens.
La poussée : comment l'hélice fait avancer le bateau
L'hélice ne « tire » pas le bateau. Elle pousse de l'eau vers l'arrière. En retour, l'eau pousse le moteur vers l'avant : c'est le principe de l'action et de la réaction, le même qui te fait reculer quand tu sautes d'une barque vers le quai.
Cette poussée passe par l'embase, remonte par le fût, traverse la chaise et arrive sur le tableau arrière. C'est pour ça que la fixation doit être solide : toute la force du moteur passe par ces quelques centimètres carrés. On verra en détail le fonctionnement de l'hélice dans l'article l'hélice expliquée simplement.
La direction : tout le moteur tourne
Sur un hors-bord, il n'y a pas de gouvernail. Quand tu tournes la barre, c'est tout le moteur qui pivote sur son support, et donc la direction de la poussée. Hélice vers la gauche, l'arrière du bateau part à droite, et l'avant tourne à gauche.
Conséquence pratique : un bateau à hors-bord ne se dirige que s'il y a de la poussée. Moteur au point mort, la barre ne fait presque plus rien.
En résumé
- La chaise relie le moteur au tableau arrière : une partie fixe serrée, une partie pivotante.
- La plaque anti-cavitation sert de repère pour la bonne hauteur de moteur.
- Le tilt relève le moteur hors de l'eau, le trim ajuste l'angle en navigation.
- L'hélice pousse l'eau vers l'arrière, et c'est tout le moteur qui pivote pour diriger.
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