Rincer son hors-bord à l'eau douce
Après une sortie en mer, rincer le moteur à l'eau douce chasse le sel qui, en séchant, forme des cristaux, bouche les canaux de refroidissement et accélère la corrosion. On rince l'intérieur du circuit, avec des oreilles de rinçage moteur en marche ou par un raccord prévu moteur arrêté, et l'extérieur du moteur. C'est le geste d'entretien le plus simple et le plus rentable.
Si tu ne devais retenir qu'un seul geste d'entretien, ce serait celui-là. Il ne demande aucun outil, presque aucune compétence, et il prolonge nettement la vie de ton moteur. Voyons pourquoi le sel est si redoutable, et comment s'en débarrasser.
Pourquoi le sel est l'ennemi numéro un
Tu te souviens du circuit de refroidissement ? Ton moteur fait circuler l'eau de mer dans ses canaux internes, puis la rejette. Mais quand tu l'arrêtes, une partie de cette eau reste à l'intérieur. En séchant, elle laisse son sel.
Laisse une assiette d'eau de mer au soleil : il reste une croûte blanche. C'est exactement ce qui se passe dans ton moteur, sortie après sortie. Ce sel :
- forme des cristaux qui rétrécissent puis bouchent les canaux, le trou de la pissette et le calorstat ;
- attire l'humidité et entretient la corrosion, même moteur au sec ;
- grippe les pièces mobiles extérieures : axes, vis, commandes.
Un moteur qui navigue en eau douce n'a pas ce problème. En mer, le rinçage est le prix à payer.
Rincer l'intérieur : deux méthodes
Les oreilles de rinçage, moteur en marche
Les oreilles de rinçage (ou « coiffe de rinçage ») sont une sorte de casque en caoutchouc qui vient coiffer les prises d'eau de l'embase, relié à un tuyau d'arrosage. L'eau douce remplace l'eau de mer : tu fais tourner le moteur au ralenti, et la turbine fait circuler l'eau douce dans tout le circuit, comme en navigation. Une alternative consiste à plonger l'embase dans un grand bac d'eau.
Le raccord de rinçage, moteur arrêté
Beaucoup de moteurs récents disposent d'un raccord de rinçage, sur lequel on branche directement le tuyau d'arrosage. L'eau circule dans le circuit sans que le moteur tourne. C'est plus simple et plus sûr, quand ton moteur le permet.
L'erreur à ne jamais faire. Démarrer le moteur hors de l'eau, même dix secondes, sans alimentation en eau. La turbine en caoutchouc chauffe et se déchire presque instantanément. Avec des oreilles de rinçage, ouvre l'eau avant de démarrer, et vérifie qu'elle arrive bien. Et reste à côté du moteur : l'hélice tourne si une vitesse s'enclenche, et tout le monde doit s'en tenir à distance.
Rincer l'extérieur
Le sel se dépose aussi partout sur le moteur. Un simple arrosage à l'eau douce, à faible pression, suffit : embase, hélice, fût, support, commandes. Évite le nettoyeur haute pression, qui peut forcer l'eau à passer à travers les joints. Laisse ensuite sécher capot entrouvert si ton moteur a pris des embruns.
Quand rincer ?
- Après chaque sortie en mer, idéalement.
- Au minimum avant toute période sans navigation de plus de quelques jours.
- Toujours avant l'hivernage.
- Après une navigation en eau sableuse ou boueuse, même douce, pour évacuer les particules.
Ce que le rinçage t'apprend
Le rinçage est aussi un moment d'observation. Moteur en marche sur les oreilles, regarde la pissette : un jet franc confirme que le circuit est en bonne santé. Un jet faible au rinçage, c'est un avertissement à prendre au sérieux avant la prochaine sortie, comme on l'a vu dans l'article sur le jet témoin.
En résumé
- Le sel bouche, corrode et grippe : il faut le chasser.
- Deux méthodes pour l'intérieur : oreilles de rinçage moteur en marche, ou raccord de rinçage moteur arrêté.
- Jamais de moteur qui tourne sans eau.
- L'extérieur se rince aussi, à faible pression.
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